Test de Outbound : la liberté qui manque d'air

, par Enzo

Test de Outbound : la liberté qui manque d'air

Outbound, c’est l’histoire d’un petit jeu cozy de survie en van, qui a fait forte impression sur Steam et les réseaux sociaux, dès la publication de sa démo. Le studio s’est lui-même félicité des retours obtenus et a cumulé plus d’un million et demi de wishlists avant la sortie du titre. Une très bonne nouvelle pour un petit jeu indépendant. Cependant, la sortie officielle semble avoir porté un regard différent sur Outbound. Aujourd’hui, l’expérience proposée n’est pas à la hauteur des ambitions alors que sur le papier, tout semblait bon. Que s’est-il passé ?

Artistiquement doux

Atterrir sur les routes fleuries d’Outbound, c’est faire un voyage reposant et poétique. La palette de couleurs est large et colorée, les musiques sont apaisantes, l’air est pur. On est en présence d’un jeu qui arbore tout ce qu’il y a de plus doux : la nature est au summum de sa beauté, une brise fraîche caresse les joues, les animaux se promènent et l’eau affiche un fier bleu turquoise.

Il suffit de quelques minutes au volant de son van pour comprendre ce que le titre cherche à provoquer. Tout est pensé pour être une expérience intéressante et non-violente. Il n’est pas possible de se fabriquer des armes, les animaux ne peuvent pas être tués, les paysages sont soignés. Outbound veut être un refuge, avant d’être un défi.

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Le radeau de Raft devient le van d’Outbound

Côté concept, c’est à la fois du déjà vu et du tout neuf. L’idée d’un jeu de survie dans lequel on arrête de courir au bout du monde pour revenir ensuite jusqu’à la base a déjà été concrétisée par Raft. Là où ce dernier transformait un radeau misérable en forteresse flottante, Outbound applique exactement cette logique à un van aménagé, et l’idée fonctionne remarquablement bien.

Le véhicule devient rapidement bien plus qu’un simple moyen de transport. C’est à la fois la maison, l’atelier, le coffre de stockage, la centrale énergétique et l’objectif principal du joueur. Chaque amélioration améliore le quotidien. Ajouter un panneau solaire supplémentaire permet de tenir plus longtemps sans s’arrêter. Installer un espace de culture alimentaire transforme le toit en mini-potager ambulant. Construire un établi avancé ouvre l’accès à de nouvelles technologies.

Une autre différence notable existe cependant : c’est l’absence d’adrénaline, d’intensité, d’enjeu réel. Aucune menace n’est réellement à craindre dans le jeu, si l’on exclut la batterie du van qui se vide. Malheureusement, le parallèle avec Raft met aussi en lumière certaines limites. Là où parvenait à créer une véritable sensation d’aventure grâce aux dangers permanents de l’océan, Outbound paraît parfois trop sécurisé. On voyage, certes, mais sans cette sensation d’aventure épique.

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Progression et contenu

La boucle de gameplay repose sur un schéma très simple : explorer, récolter, recycler, fabriquer, améliorer le van, puis repartir vers une autre zone. Toute la progression tourne autour de nouveaux plans de fabrication débloqués grâce à l’exploration et à différents points d’intérêt disséminés dans le monde. Le système énergétique constitue d’ailleurs un des aspects intéressants du titre. Solaire, éolien ou hydraulique : chaque solution possède ses avantages selon l’environnement. Une région venteuse favorisera les turbines, tandis qu’une zone très ensoleillée poussera naturellement vers les panneaux photovoltaïques.

Les premières heures sont excellentes parce que le jeu donne constamment de nouveaux objectifs : fabriquer un générateur, optimiser la consommation énergétique, agrandir les espaces de rangement ou encore installer une cuisine digne de ce nom. Le problème apparaît après plusieurs dizaines d’heures. Une fois la magie des premières améliorations dissipée, la progression devient beaucoup plus répétitive. Les nouveaux objets débloquent souvent des variantes légèrement plus efficaces de systèmes déjà connus. L’exploration perd également en intérêt car le monde manque parfois de surprises.

Une fois la première map complètement explorée, la seconde donne encore un élan de découverte et de confirmations des connaissances acquises. Cependant, ce sentiment se stoppe assez rapidement dès l’arrivée sur la 3ᵉ carte, qui commence alors à provoquer un sentiment de lassitude.

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Technique

Techniquement, Outbound reste un jeu indépendant relativement modeste, bien que techniquement fragile par moments, surtout en coopération. La direction artistique compense largement certaines limites techniques évidentes. Les textures sont simples, voire un peu faiblardes, les animations parfois rigides, et l’ensemble manque un peu de finition dans certains détails.

La conduite du van constitue probablement l’aspect le plus inégal. Le véhicule possède volontairement une inertie lourde et lente afin de renforcer le côté road trip contemplatif. L’intention se comprend, mais les déplacements deviennent frustrants, surtout sur de longues distances. Couplé à la vitesse de déplacement du van particulièrement lente et lourde, ce n’est que peu agréable.

En revanche, le jeu tourne correctement sur la plupart des configurations récentes, et l’optimisation reste honnête malgré quelques baisses de framerate ponctuelles dans certaines zones très chargées.

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Testé sur PC. Consultez notre politique de notation ici.

5.5/10

Outbound possède une identité forte et séduisante, mais il affiche à ce jour trop de faiblesses pour rendre l’expérience réellement agréable. Le monde gagnerait énormément à proposer davantage d’événements aléatoires, de rencontres ou de petites histoires émergentes. L’exploration repose (trop) sur la beauté des paysages et la collecte de ressources : le tout manque un peu d’action et de stimulation.

Le système de déblocage de schémas de craft est trop aléatoire pour être apprécié. Il distribue dans un ordre parfois illogique les nouveaux éléments, froissant la compréhension globale et pouvant temporairement bloquer la progression, forçant alors des allers-retours déplaisants. La progression, le farm et la gestion de la base sont entachés par une gestion des ressources déséquilibrée, entre celles trop rares ou trop rapidement consommées. En définitive, Outbound ressemble davantage à un jeu qui aurait dû sortir sous statut d'accès anticipé pour aider à justifier l'ensemble des soucis qui le composent.

  • + Concept original et apprécié
  • + Ambiance douce et relaxante
  • + Coopération intéressante
  • + Une bonne base pour la suite
  • - Rythme malheureusement plus plat que cozy
  • - Manque de profondeur de gameplay
  • - Progression et déblocages mal structurés
  • - Quelques bugs ici et là

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