Test de Rest Area Simulator : une aire où on ne se repose pas vraiment

, par Enzo

Test de Rest Area Simulator : une aire où on ne se repose pas vraiment

Depuis quelques années, les jeux de gestion et de simulation explorent les concepts les plus improbables. Après les stations-service, les supermarchés ou encore les ateliers de nettoyage, voici Rest Area Simulator qui rassemble un peu tout ça. Premier jeu d'Oriseus Studios, le titre nous propose de prendre en main une aire de repos en bord de route, avec sa station-service, sa supérette et de nombreuses activités à développer au fil des heures. Que vaut-il ?

Une petite aire qui rêve de grandeur

Le principe est simple : on hérite d’une modeste aire routière composée d’une station-service et d’une boutique de dépannage. Notre objectif consiste à transformer ce lieu banal en véritable complexe commercial fréquenté par des centaines d’automobilistes. Mais pour y parvenir, il faut gérer les stocks, réapprovisionner les rayons, encaisser les clients, maintenir les lieux propres et investir dans de nouvelles infrastructures.

Les premières heures donnent l’impression d’effectuer des tâches répétitives, mais chaque amélioration débloque de nouvelles possibilités… bien que le rythme ne soit pas parfait. On passe assez rapidement du simple remplissage d’étagères à la gestion simultanée de plusieurs activités économiques, mais plutôt difficilement à la suite qui nécessite nettement plus de patience.

Aperçu global du magasin de l’aire de repos L’une des pompes à essence de la station avec un véhicule

Gameplay : il faut penser à tricher

La force principale de Rest Area Simulator réside dans son équilibre entre microgestion et automatisation. Au début, le joueur doit presque tout faire lui-même : servir les clients, remplir les pompes, réceptionner les livraisons ou encore nettoyer les installations. Peu à peu, l’embauche d’employés permet de déléguer certaines tâches.

Le système économique dynamique apporte également une dose bienvenue d’imprévu. Les prix fluctuent, les événements aléatoires perturbent parfois l’activité et il faut constamment adapter sa gestion pour rester rentable, bien que l’économie soit parfois un peu rude et déséquilibrée.

Heureusement, il est possible de tricher pour se simplifier un peu la tâche. Diluer le carburant avec de l’eau, facturer plus cher les clients à la boutique ou déverser une plus grosse commande que prévu à la station-essence. Attention, si celles-ci permettent de générer davantage d’argent, on risque de perdre la confiance des clients si l’on se fait attraper.

Plan large de la station essence de Rest Area Simulator Point de vue de l’employé qui se trouve derrière la caisse Les réserves de carburant que l’on peut diluer à l’eau pour tricher

Une coopération qui change la donne

L’une des bonnes surprises du titre réside dans son mode coopération en ligne. Plusieurs joueurs peuvent participer à la gestion de l’aire de repos, chacun prenant en charge différentes responsabilités, mais surtout différentes activités.

Là où le mode solo peut parfois devenir exigeant lorsque les activités se multiplient, la coopération crée un véritable sentiment d’organisation collective. Pendant qu’un joueur gère les livraisons, un autre peut s’occuper des clients ou de l’entretien des installations.

Présentation de la station de nettoyage de véhicule Paysage autour de la sortie d’autoroute qui passe à proximité de la station

Points d’amélioration

C’est maintenant que c’est un peu plus compliqué. Globalement, l’expérience est intéressante mais reste cheap et assez maladroite, le manque de profondeur est présent régulièrement. On manque clairement de confort dans la navigation des menus, d’icônes et d’indication visuelle également. A titre d’exemple, la modification quotidienne des prix de toutes les boutiques devient vite un calvaire.

Les tâches à nettoyer sont très souvent les mêmes, elles manquent de variabilité, comme celles présentes sur les voitures au lavage auto. Elles sont à chaque fois au même nombre, sur les mêmes côtés, et pour chaque véhicule. Aussi, les contrôleurs débarquent en un instant et ne laissent aucune possibilité de réagir ou d’anticiper la chose. Offrir aux joueurs un jeu avec la possibilité de tricher dans l’économie, sans réelles informations sur son fonctionnement ni leur laisser avoir la main dessus, est assez frustrant.

On aurait souhaité de réelles libertés, pas des activités qui semblent tronquées. Les paiements sont exclusivement par carte, absence totale de monnaie, pas de scans des articles, on ne choisit pas où se placent nos articles dans le magasin, pas d’agencement des rayons, certaines mécaniques comme la coupure de courant sont anecdotiques… À vouloir trop diversifier les tâches, elles sont un peu survolées.

Affichage du menu des différents commerces existants dans le jeu Affiche du menu présentant des options et améliorations de gameplay

Testé sur PC. Consultez notre politique de notation ici.

5.5/10

Rest Area Simulator n’est pas mauvais, mais peut-être simplement un jeu qui s’est lancé trop tôt. Le concept est intéressant, les idées le sont aussi, mais l’exécution manque encore de rigueur et de peaufinage, notamment au niveau du rythme et des UI/UX. Peu de jeux visent aussi large pour une expérience de simulation, mais beaucoup font mieux dans le genre. Avec un peu de recul, une étiquette “accès anticipé” sur la fiche produit du jeu aurait permis de justifier bien des choses. On reste néanmoins curieux de l’évolution du titre, qui ne semble pas manquer d’idées !

  • + Un concept intéressant, à pousser !
  • + Appréciable en coopération
  • + De nombreuses activités à venir
  • + Un ensemble de chaînes de radio amusantes
  • - L’expérience globale manque de profondeur
  • - Rythme et progression trop lents
  • - UI et UX pas optimales
  • - Trop rapidement répétitif