Test de Bus Bound : ça roule, et c'est le principal

, par Enzo

Test de Bus Bound : ça roule, et c'est le principal

Les jeux de simulation ont cette étonnante capacité à transformer les tâches les plus ordinaires en véritables petites aventures. Après les trains, les avions ou encore les poids lourds, c’est cette fois au tour du bus de prendre le volant avec Bus Bound. Le titre nous propose ainsi de nous glisser dans la peau d’un conducteur chargé de transporter ses passagers à travers une ville en pleine évolution.

Entre respect des horaires, gestion du réseau de lignes et amélioration progressive des arrêts et quartiers, chaque trajet demande un minimum d’attention. Mais derrière son apparente simplicité, le jeu cherche aussi à offrir une expérience relaxante, où l’on prend autant de plaisir à conduire qu’à voir son réseau grandir. Alors, Bus Bound parvient-il à proposer une expérience intéressante ?

On transporte des passagers ou des inspecteurs ?

Le premier aspect auquel on est confronté dans Bus Bound est évidemment la simulation de conduite. Dans ce titre, elle est même saupoudrée d’un élément assez inhabituel : la (grande) liberté d’expression des passagers qui influence directement notre note. Chacune de nos actions est scrupuleusement observée. Attention à ne pas griller le moindre stop ou ne pas rouler quelques km/h au-dessus de la limite : les passagers voient tout, ils savent tout, et chaque erreur relevée entraîne une pénalité dans le score. Du moins, celles qui les intéressent. Passer en interfile, dépasser sans clignotant ou couper la priorité à tout va ne leur pose en revanche aucun souci, mais on leur pardonne car leurs diverses répliques sont plutôt marrantes.

Au-delà de la présence de nos passagers-inspecteurs, il est aussi demandé de composer avec d’autres éléments comme le créneau de la journée (matin, soir…) et la météo qui peut se montrer très pluvieuse, bien que ce temps n’affecte pas réellement le gameplay mais seulement une obstruction visuelle. Il faut aussi s’adapter au trafic, bien que celui-ci soit plutôt clément : rarement dense et les voitures nous cèdent rapidement la priorité (même sans raison), il a fallu faire attention à notre sentiment de supériorité.

Aperçu d’un bus garé avec des passagers qui descendent Vue à la première personne d’un bus, depuis le siège conducteur

Revenons au cœur de la simulation : les bus. Bus Bound propose une bonne dizaine de véhicules différents, déblocables tout au long de l’aventure. Certains compacts et plus rapides, d’autres plus longs avec jusqu’à deux accordéons, demandant alors de s’adapter et de les manier différemment, surtout dans les virages. La physique est satisfaisante, tout comme la conduite en elle-même, aucun réel point noir n’est à relever. Selon le tracé de nos lignes, certains bus peuvent se montrer plus appropriés que d’autres.

Histoire de corser un peu l’expérience, il est possible d’ajouter des modificateurs : pas de GPS, absence de limitateur de vitesse, etc. Une fois activés, ceux-ci offrent un (léger) bonus dans les notes obtenues, malheureusement trop faible pour être intéressant. On déplore un certain manque de profondeur au niveau de la simulation de conduite, mais nous y reviendrons un peu plus tard.

À deux doigts d’être maire (Gestion de réseau de ligne)

Abordons désormais l’autre aspect proposé par Bus Bound : la gestion. Ici, on n’occupe pas le poste de dirigeant d’une flotte de véhicules, mais presque celui de maire : arbitrage du réseau des lignes de bus et améliorations des quartiers sont au programme.

Le titre ne se contente pas de nous faire enchaîner les trajets au volant de notre bus : il ajoute une petite dimension de gestion qui donne davantage de sens à notre progression. Au fil de nos déplacements, on développe progressivement le réseau de transports en débloquant et en aménageant de nouvelles lignes, avec l’objectif de mieux desservir les différents quartiers de la ville. S’il fallait faire un reproche à cet aspect, ce serait qu’il est un peu long d’atteindre les quartiers ruraux : le jeu nous laisse un peu trop longtemps baigner dans l’enceinte même de la ville, laissant grandir un sentiment de répétitivité.

Aperçu de la carte du jeu avec un réseau de lignes Zoom sur l’une des lignes du réseau Garage avec les différents véhicules disponibles Menu de complétion et du contenu du jeu

L’évolution des quartiers se ressent également de plusieurs manières. D’abord, visuellement, puisque les quartiers traversés gagnent graduellement en dynamisme et en ambiance chaleureuse, mais aussi au niveau du gameplay, car l’on dispose désormais de voies de bus et d’infrastructures dédiées. Sans atteindre la profondeur d’un véritable jeu de gestion, cette mécanique apporte donc une agréable sensation de progression : on ne conduit pas simplement pour conduire. On participe peu à peu à la transformation de la ville.

Concernant la flotte de bus, elle augmente avec la progression des quartiers. Malheureusement, en dehors de l’apparence de ceux-ci, il n’existe aucun aspect de gestion ou de personnalisation liée : il est impossible d’acheter, de vendre, ou même d’améliorer des bus en eux-mêmes. Chacun affiche une série d'objectifs à atteindre, mais nous ne les trouvons pas particulièrement intéressants à accomplir.

Globalement, l’aspect de gestion de Bus Bound reste assez superficiel et c’est dommage. Si l’on n'est pas non plus dans l’attente d’un management poussé d’entreprises, avec chiffre d’affaires, bilan et salariés, on aurait tout de même apprécié d’autres mécaniques diverses. Pour rester dans la proposition de l’administration d’un réseau de lignes, on aurait apprécié d’obtenir des chiffres sur nos parcours, l’optimisation des trajets selon les heures et les ralentissements, le volume de passagers aux différents horaires, etc.

Aperçu d’un quartier amélioré lors de la cinématique Autre aperçu d’un quartier ayant été amélioré

Technique

D’un point de vue technique, Bus Bound fait preuve d’une certaine inégalité. L’expérience de conduite est globalement bonne à l’exception de quelques collisions invisibles et d’accidents ne déclenchant aucune réaction des passagers, tout semble bon jusqu’à l’IA des usagers de la route. Certains véhicules et piétons disparaissent parfois mystérieusement, mais cela reste rare. Quelques fois, on déplore aussi des arrêts de bus difficiles d’accès (surtout avec des véhicules longs) à cause d’usagers garés en travers qui gênent le joueur pour se mettre complètement dans l’emplacement prévu.

L’optimisation est aussi bonne, dès l’instant où l’on pense à retirer les technologies de lumière comme Lumen, qui sont très gourmandes pour les besoins du jeu. La prise en main avec la manette n’est en revanche pas parfaite : rien à redire du côté de la conduite avec des vibrations bien intégrées, mais rapidement pénible dans les différents menus, en particulier celui de la gestion des lignes. Par ailleurs, utiliser un controller prive le joueur d’un bon nombre d’actions (secondaires) dû à l’incapacité de mettre des combos de touches pour les activer.

Extrait de cinématique dans lequel un bus roule dans un trafic dense

Extensions payantes

Deux extensions payantes sont désormais disponibles pour le titre Bus Bound et corrigent une partie des soucis évoqués, à savoir la profondeur et le manque de modes de jeux alternatifs. La première, Hidden Gems Tour, permet de délaisser le simple transport quotidien pour proposer un véritable mode touristique, modifiant alors les mécaniques et le contexte, sans affecter profondément le gameplay.

La seconde, Old Town Roads, nous laisse dans notre expérience standard mais renouvelle le décor urbain, au profit de quartiers campagnards avec leurs routes étroites et boueuses. Pour les parcourir, l’extension introduit notamment le minibus « Chamois », pensé pour s’adapter à ces nouveaux terrains. Ici, on rafraîchit un peu l’expérience avec un environnement et un genre de véhicule différent.

Ces deux extensions sont les bienvenues (à un prix tout à fait abordable qui plus est) dans le titre de Saber Interactive. Elles apportent un petit sentiment de nouveauté permettant de prolonger de quelques heures l’aventure qui peine à captiver à cause de sa répétitivité. En revanche, on peut se demander si au moins l’une d’entre elles n’aurait pas dû faire partie du jeu de base, qui affiche tout de même un certain manque de profondeur.

Bus Bound plutôt qu’un autre ?

À vrai dire, c'est toute la question. Si Bus Bound offre une expérience convenable pour les amateurs de conduite chill, il n’apporte en revanche aucune plus-value palpable pour le différencier des nombreux autres jeux où l’on peut conduire des bus, ou même d’autres types de véhicules en milieu urbain. Un mode coopératif est d’ailleurs disponible, permettant d’inviter des amis dans sa partie.

La mécanique permettant de gérer les lignes de bus et l’amélioration des quartiers est plutôt une bonne chose, mais ne suffit à notre sens pas à distinguer le titre du genre dans lequel il prend place. Pour ceux en quête d’une simulation réaliste ou d’une expérience de transport poussée, le jeu vise une sorte de compromis qui fonctionne, mais qui ne coche aucune des deux cases réellement.

Un bus à deux étages à un arrêt dans une ruelle à sens unique Vue aérienne d’un quartier amélioré avec un stade

Si l’on met de côté la possibilité de conduite libre pour tester les nouveaux véhicules, Bus Bound ne propose qu’un seul mode de jeu dans son expérience de base, à l’instar d’autres titres du genre, ce qui n’aide pas vraiment à en faire une proposition unique. Par ailleurs, le manque de profondeur global lui instaure indirectement une forme de répétitivité qui s’installe plus rapidement qu’elle ne devrait.

Bus Bound étant développé par Stillalive Studios, également à l’origine de la franchise Bus Simulator, une expérience de simulation approfondie confiée à un autre studio pour le dernier opus sorti en 2026. Avec du recul, on peut raisonnablement se demander si Stillalive Studios n’a pas subi une forme de crise identitaire. Essayer de proposer une expérience allant dans la continuité de ce qu’ils ont fait ces dernières années, sans pour autant trop s’en approcher, tout en apportant une dimension de gestion qui reste survolée.

Menu d’accueil du jeu Bus Bound Bus en pleine conduite pour récupérer des voyageurs

Testé sur PC. Consultez notre politique de notation ici.

7/10

En définitive, Bus Bound reste une proposition sympathique, plutôt addictive bien que peu profonde, avec un petit manque d’originalité. La simulation de conduite, l’amélioration des quartiers et le sentiment d’addiction provoqué par les premières heures de jeu sont suffisants pour en faire une proposition viable qui s’ajoute au catalogue déjà très large de l’éditeur Saber Interactive.

  • + Conduite et immersion appréciables
  • + Plutôt addictif sur les premières heures
  • + Gestion des lignes et des quartiers
  • + Présence d’un mode coopératif
  • - Trop rapidement répétitif
  • - Manque global de profondeur
  • - Menus peu pratiques avec une manette
  • - Un poil cher pour son contenu

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