Highguard : condamné avant même d’être lancé ?
, par Thibaut
Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2025 aux alentours de 5 h du matin, les Game Awards 2025 s’apprêtent à rendre leur verdict. Qui sera désigné « jeu de l’année » ? Mais avant la récompense suprême, tout le monde retient son souffle en espérant un « one more thing » renversant. En 2024, ce fut Naughty Dog avec Intergalactic: The Heretic Prophet qui venait conclure une soirée grandiose.
Cette fois, c’est un FPS compétitif free-to-play nommé Highguard qui s’est alloué l’ultime avant-première des Game Awards 2025. Il faut bien l’admettre, cette annonce étonne, déçoit ou même énerve une bonne partie des spectateurs. Encore un shooter en ligne ?! Certes conçue par des créateurs d’Apex Legends et Titanfall, cette nouvelle licence n’a de prime abord rien d’original. Mais les dés sont jetés, puisque Highguard doit sortir dès le 26 janvier 2026.
L’échec médiatique d’un « one more thing » inattendu
Rapidement, le titre développé et édité par Wildlight Entertainment se retrouve sous le feu des critiques. En se positionnant à la toute fin des Game Awards, Highguard s’est octroyé une forte exposition médiatique qui pourrait finalement lui être préjudiciable. Si le trailer d’annonce avait été diffusé en milieu de show, nous sommes prêts à parier que presque tout le monde l’aurait oublié. Il n’empêche que cette vidéo est pour l’heure le seul élément marketing du jeu.
Sur la chaîne YouTube d’IGN, la bande-annonce comptabilise 463 000 vues pour 4 966 likes et 57 886 dislikes. Pour ce qui est de la chaîne officielle du jeu, il faut tabler sur à peine 107 000 vues (1 480 likes et 13 484 dislikes). Si le ratio parle de lui-même, il est également primordial de souligner le fait que pour un « one more thing » en conclusion d’un évènement à plus de 171 millions de visionnages en direct, Highguard n’a pas su attirer les foules.
Un marché totalement saturé
Un tel désamour ne sort pas de nulle part. Highguard n’est pas encore sorti que certains listent déjà ses défauts et vont lui prédire un destin à la Concord. En effet, le secteur des shooters free-to-play parait plus que jamais obstrué par une concurrence féroce. Fortnite, Apex Legends, Call of Duty Warzone, ARC Raiders, Destiny 2 ou encore Warframe offrent des expériences solides déjà confortablement installées dans le paysage vidéoludique depuis de nombreuses années. Les déloger ou se faire une place parmi ces grands noms relèverait désormais de l’exploit.
Pour parvenir à se démarquer, il est nécessaire de délivrer une formule attractive et un univers passionnant qui pousseront les joueurs à s’investir sur le long terme. Hélas, étant donné le manque flagrant de communication autour du jeu, il est actuellement impossible de s’attacher à son monde et encore moins aux personnages qui le composent. Il s’avère toujours très difficile de vendre des skins ou n’importe quel objet in-game sans un attachement fort de la communauté envers les éléments qui établissent le lore d’une franchise.
Un silence assourdissant
À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne sommes plus qu’à dix jours du lancement, et la campagne marketing est au point mort. Puisque Highguard est développé et auto-édité par Wildlight Entertainment, nous pouvons supposer que le budget dédié à la communication est plus que limité. Le placement réservé à l’annonce lors des Game Awards ayant potentiellement coûté plusieurs millions de dollars au studio, les caisses de l’entreprise pourraient être vides. Les développeurs pariaient possiblement sur le succès de leur jeu pour faire rapidement rentrer de l’argent.
Par ailleurs, étant donné la négativité permanente autour du projet sur les réseaux sociaux, la moindre prise de parole publique aurait été accompagnée par un flot incessant de critiques et autres prédictions macabres. Les réseaux sociaux et autres plateformes en ligne étant ce qu’elles sont à notre époque, le retour de bâton se fera inévitablement sentir à la moindre tentative de communiquer. Le studio se mure donc dans le silence, attendant une éclaircie ou l’inévitable date de sortie sur laquelle il s’est engagé en décembre.
Highguard peut-il encore s’en sortir ?
Le succès du jeu semble actuellement hautement improbable. Mais deux possibilités s’offrent aux équipes de Wildlight pour sauver leur projet. Tout d’abord, il y a un report de dernière minute. Cela permettrait aux développeurs de souffler un peu, de retravailler certains aspects du titre et pourquoi pas de proposer en premier lieu une bêta dans le but de recueillir des avis sincères. Un retard servirait aussi à planifier une campagne de communication sur la durée, basée sur le retour des joueurs et de la presse spécialisée.
Seconde possibilité : lancer Highguard à la date prévue du 26 janvier 2026. Le studio essuiera à coup sûr de très nombreuses critiques, mais pourrait peu à peu redresser la barre en écoutant les utilisateurs (à condition qu’ils soient au rendez-vous). Cela en veillant à opter pour une politique relativement douce en matière de microtransactions. Par exemple, des jeux comme No Man’s Sky ou Fallout 76 ont souffert d’un lancement raté avant de se relever grâce à leur contenu attrayant ainsi qu’à divers changements de cap. Hello Games est même allé jusqu’à proposer toutes ses futures mises à jour gratuitement.
Quoi qu’il en soit, tout cela dépendra de la résilience et surtout des capacités financières de Wildlight Entertainment. Sans gros éditeur derrière lui, le studio n’aura pas l’opportunité de tergiverser trop longtemps. Bien entendu, Highguard pourrait aussi déjouer toutes les critiques en s’imposant dès le départ comme une valeur sûre dotée d’un gameplay solide, d’une expérience équilibrée et d’une monétisation peu envahissante. Malheureusement, même avec toutes les qualités du monde, l’avenir du jeu paraît déjà scellé.