Un syndicat canadien s'en prend à Ubisoft après la fermeture du studio basé à Halifax

, par Thibaut

Un syndicat canadien s'en prend à Ubisoft après la fermeture du studio basé à Halifax

En décembre dernier, Ubisoft annonçait la fermeture de son studio situé à Halifax, au Canada. Une décision qui intervenait trois semaines après la syndicalisation de 61 des 71 employés de l'entreprise. L'éditeur s'était empressé d'expliquer que ces deux actions n'étaient en aucun cas liées.

Cette semaine, le CWA Canada, qui est le seul syndicat couvrant l'ensemble des médias dans le pays, a déposé plainte auprès de la Commission des relations de travail de la Nouvelle-Écosse. L'organisation s'est dite indignée par la fermeture, stipulant qu'Ubisoft a touché près d'un milliard de dollars canadiens en subventions fiscales au cours de ces cinq dernières années pour exercer ses activités.

Ces allègements fiscaux visent à pousser les grosses entreprises à s'implanter au Canada. Pour installer ses studios à Halifax, Ubisoft a touché 12 millions de dollars des contribuables de la Nouvelle-Écosse. Un investissement colossal de la part de la province qui est finalement parti en fumée. Des documents obtenus auprès du Sénat français ont également révélé que la firme a perçu plusieurs centaines de millions de dollars de crédits d'impôt.

« Selon les documents, Ubisoft a reçu 605,6 millions d'euros (environ 980 millions de dollars canadiens au taux de change actuel) en crédits d'impôt des gouvernements canadiens de 2020 à 2024.

Il est scandaleux qu'une entreprise puisse bénéficier de centaines de millions d'allégements fiscaux – de l'argent public – puis cesser ses activités et licencier des employés. Et il est choquant que les gouvernements laissent faire cela. Des changements immédiats sont nécessaires pour responsabiliser les entreprises. La réglementation doit clairement stipuler que toute fermeture ou réduction significative d'activité doit entraîner le remboursement des subventions publiques. »

Enfin, le CWA Canada accuse Ubisoft d'avoir procédé à ces licenciements afin d'empêcher la syndicalisation du studio.

Source : cwacanada.ca